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BAUDEAU : L'ECONOMISTE

Né à Amboise le 24 avril 1730, il est issu d'une famille dont le père est tailleur d'habits. Adolescent, Nicolas Baudeau part en Périgord, dans l'abbaye de Chancelade, pour y recevoir une éducation religieuse. Il devient alors chanoine régulier et enseigne la théologie dans cette abbaye, tout en se lançant, en parallèle, dans des recherches sur l'histoire du Périgord. A la fin des années 1750, il part pour Paris à la suite de l'appel de l'archevêque Christophe de Beaumont afin d'intégrer le collège des Prémontrés.

A partir de là, il délaisse l'histoire pour s'intéresser aux questions financières, comme l'indique la publication, en 1763, de différents mémoires dédiés au contrôleur général des finances Bertin. Le 4 novembre 1765, Baudeau fait paraître le premier numéro des "Ephémérides du citoyen ou Chronique de l'esprit national", périodique, qui paraît deux fois par semaine, et dont il est le principal instigateur. Dès l'année suivante, suite à une polémique avec Le Trosne, il se laisse séduire par les propos d'inspiration physiocratique de ce dernier, et rejoint les rangs du mouvement initié par François Quesnay. Son journal devient, de la sorte, une tribune mensuelle consacrée exclusivement à la vulgarisation de la doctrine des économistes, et prend le titre d'"Ephémérides du citoyen ou Bibliothèque raisonnée des sciences morales et politiques".

Fort d'une certaine notoriété qui dépasse les frontières du territoire national, le physiocrate retient l'attention, au début de l'année 1768, du prince Ignace Massalski, qui a apprécié ce qu'il a écrit sur la Pologne et qui lui propose de le suivre dans son diocèse de Lituanie. Notre auteur est ainsi nommé "prévôt mitré de Widziniski". Son départ est cependant retardé par son appétit du gain, puisque la charge de prieur commendataire des Augustins de Saint-Lô lui est accordée avec, en prime, une pension fort importante. Malgré tout, il part en octobre et effectue un premier séjour en Pologne durant l'hiver 1768-1769.

Après un court passage par la Russie et un second séjour en Pologne au milieu de l'année 1769, il revient en France et commence à mettre quelques distances avec la religion. Il se réfugie de nouveau dans l'écriture, tel un bon soldat aux ordres de la doctrine physiocratique. Appelé de nouveau en Pologne en 1774, il préfère demeurer en France où il reçoit le prieuré de Notre-Dame du Bois-d'Arcy au diocèse d'Auxerre. Les Ephémérides ayant pris fin en novembre 1772, il lance les Nouvelles éphémérides économiques ou Bibliothèque raisonnée de l'histoire, de la morale et de la politique en janvier 1775, afin de continuer à répandre les préceptes de la pensée physiocratique. A la suite du renvoi de Turgot  et à cause d'un article, qui dénonçait les dépenses importantes engagées par le roi lors de la Guerre de Sept ans, il est exilé quelques mois en Auvergne et son périodique est censuré.

Las, il abandonne quelque peu ses manifestes en faveur de la physiocratie sans renier sa filiation à l'école, et devient, au début des années 1780, l'homme d'affaires du duc de Chartres, le futur Philippe-Égalité.

En 1785, Baudeau renoue avec l'histoire et l'économie. En 1787, à la suite des difficultés financières du royaume et de la convocation des notables, il publie ses "Idées d'un citoyen presque sexagénaire", ouvrage très détaillé sur les finances royales et les impôts. En 1788, il ressuscite une fois encore, de janvier à mai, ses "Nouvelles éphémérides".

Devenu fou dès 1790, il connaît une fin tragique puisqu'il se suicide à Paris en 1792.

source wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Baudeau