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Georges de Peyrebrune : Une intellectuelle

Dans ses œuvres les plus autobiographiques Georges de Peyrebrune se définit comme « une sentimentale ». Il est vrai que l’analyse des émotions, les élans et les tourments du cœur occupent de nombreuses pages de ses romans.

Cependant elle parle de ses lectures comme autant de « fréquentations intellectuelles. » Grande lectrice, femme érudite, elle connaissait bien les auteurs classiques ainsi que ceux qui ont marqué l’histoire de la littérature française qu’elle analyse avec grand discernement.

Dans plusieurs de ses romans elle témoigne du monde qui l’entoure et de la vie intellectuelle de son temps. Avec Le Réveil d’Eve elle présente à ses lecteurs les artistes peintres, les poètes, les compositeurs et les philosophes de cette fin-de-siècle.

L’intellectualisme de Georges de Peyrebrune c’est aussi sa quête d’une réponse aux questions existentielles. Elle s’interroge sur le sens de la vie et, par personnage interposé s’engage dans des réflexions d’ordre métaphysique. Dans Le Roman d’un bas-bleu, son héroïne dit « chercher Dieu et le pourquoi de la vie. »

Sceptique, inquiète et tourmentée, Peyrebrune fut néanmoins attirée, comme beaucoup d’intellectuels de son temps, par toutes les formes de progrès, en particulier les découvertes des sciences médicales. Sa curiosité intellectuelle est multiforme. Elle réfléchit sur l’occultisme et sur une pratique alors répandue : le spiritisme. Très friande d’échanges avec des hommes et des femmes auprès de qui elle trouvait les satisfactions de l’intelligence, elle entreprend la difficile démarche d’être l’égale des hommes au plan intellectuel.

Georges de Peyrebrune ne se comporte pas en militante mais elle affirme sans ambigüité ses convictions et ses opinions sur le gouvernement et la société. Elle soutient clairement le camp républicain dans les débuts de la IIIème République. Elle rejoint les dreyfusards au moment où éclate « l’Affaire, » et se trouve aux côtés de Reinach, Desmoulins ou Bernard Lazare. A aucun moment elle ne cède à l’antisémitisme ou aux autres formes de xénophobie qui déferlent sur la France en cette fin de XIXème siècle. Avec les intellectuels, hommes et femmes de son temps elle entre dans les batailles pour la justice et la vérité.

Fidèle à ses valeurs, d’une grande probité intellectuelle, Georges de Peyrebrune a eu le courage de se démarquer en s’adressant à Auguste Vaillant à la veille de son exécution et de lui livrer ses réflexions sur l’anarchisme et la peine capitale.

Hostile au mensonge, aux injustices et aux hypocrisies de tout ordre, ses œuvres principales nous exhortent à ne pas rester indifférents aux scandales du monde.

Par toutes ses indignations Georges de Peyrebrune est aujourd’hui encore, notre contemporaine.

Jean Paul Socard